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Véronique BREGEON - L'ESIRESEAU du mois - Novembre 2015

ESIRESEAU du mois

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09/11/2015

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Interview de Véronique BREGEON (Promo 1985) réalisée par Etienne Le Marois (Promo 2011)

En 1984, tu te lances dans une carrière packaging ! Qu’est-ce qui t’a motivée dans ce choix de carrière?
Le choix du packaging présentait pour moi une double motivation : avoir un métier scientifique proche d’une réalité de terrain, mais aussi avoir l’opportunité de faire du management.

Les attentes du packaging étaient différentes à l’époque ?
Et bien pas vraiment. On parlait déjà beaucoup d’environnement et d’ouverture facile. D’un point de vue métier, l’idée majeure était la pluridisciplinarité du job de l’ingénieur packaging. La formation était à la fois scientifique et orientée terrain.

C’était comment la « Maîtrise Scientifique et Technologique spécialisée en Emballage » en 1984/85 ? (Ex.ESIEC, Ex.ESIReims)
C’était une grande famille ! On était 13 étudiants. Les tout premiers étudiants de l’école cherchaient leurs premiers emplois quand nous sommes entrés. On avait un tempérament de pionnier, on se serrait les coudes. Ça a été aussi une année assez forte en émotion car c’est l’année du décès de Mme Verdin qui était l’une des fondatrices de l’école.

Une anecdote ?
Le premier salon de l’emballage. C’est là qu’on a commencé à comprendre que nous avions du pain sur la planche ! Nous commencions à peine à imaginer notre métier qu’il prenait déjà des proportions énormes. Il y avait tellement de machines, tellement de systèmes d’emballage et tellement de technologies : ça faisait un peu peur. (rire)

Ton prof préféré ?
J’aimais bien Mme Bourrel, elle nous faisait les cours d’interaction contenant-contenu dont je garde un souvenir fort.

Parles-nous de ton parcours ?
J’ai commencé avec un de mes profs, Philippe Provost, dans son cabinet de conseil en packaging. Il m’a beaucoup appris sur l’analyse fonctionnelle et il m’a surtout beaucoup exposée. Je me souviens d’une réunion chez Saunier-Duval, j’avais 22 ans, j’étais devant un groupe de vieux messieurs qui  ne s’attendaient pas à voir leur projet géré par une consultante fraichement sortie de l’école. A l’issue du meeting,  Philippe me dit : « C’est ok Véronique, c’est vous qui animez la prochaine réunion ? ». Autant vous dire que je n’ai pas beaucoup dormi la nuit qui a précédé la prochaine réunion! Je l’en remercie car il m’a vraiment fait grandir.

Je suis partie chez Amora en tant qu’ingénieur Packaging et puis chez Lu comme manager d’un équipe de deux ingénieurs pack dont un sourd muet!

J’ai eu la chance de vivre chez Lu deux grands challenges. Un premier challenge technique par la suppression de l’aluminium et laquage PVDC de tous nos emballages de biscuits. Et un deuxième challenge de management car à force de fusions de Lu avec d’autres groupes, j’ai fini manager d’une belle équipe de douze personnes.

Après, j’ai poussé des portes et j’ai changé de métier, ce que je conseille d’ailleurs à tous. J’ai occupé un poste d’organisatrice au sein de la direction marketing de Lu pour simplifier les tâches des marketers.

Dans les années 2000, Lu a fermé plusieurs de ses usines et j’ai basculé sur une fonction de supply chain manager où je représentais le marketing dans les transferts industriels de biscuits. C’était un projet colossal car nous avons transféré plus de 30% de notre volume.

Ma vie personnelle m’a amenée ensuite à Lyon. J’ai eu la chance de trouver un poste chez Merial en tant que Responsable Développement Packaging puis Packaging Innovation Manager.

Passer de l’alimentaire à la pharmaceutique, c’est un choc des cultures ?
Oui, énorme ! Surtout sur le plan culturel. Dans les biscuits, la production-consommation reste quelque chose de local : on ne va pas fabriquer les produits au Brésil pour les manger en France. En pharmacie ça ne se discute même pas, un lancement est forcément mondial ! Il m’a fallu découvrir toutes les autres nations qui constituent le personnel de Merial.

En termes d’exigence qualité, les règles étaient un peu différentes mais j’avais déjà eu avec Danone l’expérience d’une entreprise avec une forte exigence qualité.

Tu as fait une formation complémentaire à l’ESEPAC en 2013. Compte tenu de ton expérience tu aurais pu enseigner à l’ESEPAC ! Pourquoi avoir fait ce choix ?
Au départ c’était pour obtenir le niveau Ingénieur car je n’étais titulaire que d’un Bac+4. Dans l’industrie Pharmaceutique, il y a des règles de la profession qui font que c’était mieux si j’avais un Bac+5.

Je voulais aussi me lancer un nouveau défi et être capable de redonner une dimension scientifique à mon métier. Les cours de l’ESEPAC sur l’interaction contenant-contenu m’ont permis de rencontrer des partenaires à l’université de Clermont avec qui Merial collabore aujourd’hui.

Tu es passé par l’ESIReims et l’ESEPAC. Qu’est qui te plaît chez l’un et chez l’autre ?
Je suis peu contact avec l’ESIReims. J’ai plus de contact avec l’ESEPAC par l’apprentissage et parce que l’ESIReims ne propose pas pour Merial un système de stage de fin d’étude adapté. De plus, j’enseigne à l’ESEPAC où je fais une partie des cours sur l’analyse fonctionnelle.

Mais j’ai embauché des ESIEC et j’ai toujours apprécié la qualité de leur formation, surtout d’un point de vue scientifique.

Si tu devais changer quelque chose dans ton parcours, ce serait…
Rien ! Je me surprends à toujours être aussi passionnée ! J’estime avoir eu beaucoup de chance d’avoir découvert différents secteurs et avoir pu contribuer  à faire connaitre notre fonction dans l’entreprise.

Une réalisation dont tu es fière ?
Avoir fait évoluer l’analyse de l’interaction contenant-contenu au sein de la R&D de Merial.
 
Tu es aujourd’hui Packaging Innovation Manager pour Merial. Quelles sont tes activités et tes responsabilités ?
J’ai deux grandes missions. Je fais de la veille technologique pour identifier de nouveaux systèmes d’emballages ou machines et je les présente ensuite aux équipes de Merial. Ma deuxième mission est d’apporter et éprouver des innovations packaging  auprès des équipes Marketing.

Tu as récemment reçu le trophée emballage du manager de l’année dans la catégorie pharmacie. Peux-tu nous parler de ce concours ?
Serge German, le directeur de l’ESEPAC, m’a inscrite au concours et on m’a appelé pour me dire que j’étais Manager de l’année !
J’ai invité Philippe Provost , mon premier boss, et il m’a fait l’honneur de venir  alors qu’il est maintenant retraité. J’ai revu aussi des anciens collègues, c’était très amical.

J’ai vu que tu es aussi jury au CPHI Pharma Awards. C’est une première ?
Oui ! Maintenant que je suis dans le domaine de l’innovation, c’est très intéressant d’être au courant de tous ces développements en avant-première.

Un petit mot sur l’Ampac ou le réseau des anciens ?
C’est bien de vouloir dynamiser l’Ampac, nous sommes une population rare qui fait un métier qui fait rêver. Il faut continuer à se faire connaître et à valoriser notre activité.

On peut t’appeler pour quel sujet / expertise / connaissance du territoire ?
Je suis tout à fait prête à intervenir sur l’analyse fonctionnelle, les spécifications et l’analyse besoin consommateur.

Un petit mot pour ceux qui liront cette interview ?
Le packaging est un secteur passionnant.
Parfois vous devez vous sentir un peu seuls car chez les utilisateurs d’emballage, le packaging n’est pas le cœur de métier. Et bien ne vous découragez pas, cultivez l’excellence, soyez curieux et votre fonction trouvera sa place.

L’autre message c’est qu’il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas d’erreurs.

J’en ai fait comme vous, et je citerai pour finir une célèbre acheteuse d’Amora « C’est dans la difficulté qu’on voit les gens compétents » !
 

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