/medias/image/15105577155ba9f1501e801.png
Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Sébastien Fily - ESIRéseau de Juin

ESIRESEAU du mois

-

10/06/2016

Interview de Sébastien Fily (promo 1991) réalisé par Noélie Lataste (promo 2017).
 
Vous avez débuté vos études supérieures dans la mécanique et la robotique avec un DUT, pourquoi avez-vous choisi de vous orienter ensuite vers la filière packaging ?
Quand je me suis engagé dans ce DUT en mécanique et robotique, je n’envisageais alors pas de continuer vers une école d’ingénieur. Mais étant sorti bien classé de l’IUT de Nîmes, j’ai eu l’opportunité et l’envie de m’orienter vers un BAC+5.  J’ai alors cherché ce qui pouvait associer trois de mes passions : la conception technique, le design de forme et l’informatique. Le packaging m’a semblé être la solution idéale car ce secteur me permettait de concevoir, dans le respect d’un esthétisme attendu par les créatifs ou les marchés, avec différents types de matériaux, en utilisant différentes technologies et outils informatiques de conception volumique.
 
Vous avez été diplômé en 1991, ce qui signifie que vous êtes la deuxième génération d’ingénieurs BAC +5. Quel était l’état d’esprit de cette « nouvelle école » ?
C’est vrai que je suis rentré à l’ISIP, qui était le successeur de la formation BAC+4. Mais l’ESIEC n’a gardé ce nom que le temps de ma première année. Notre promotion était petite (18 élèves) et j’ai effectué mes 3 années au sein du campus de l’université car les bâtiments de l’école étaient en construction. Nous avions une petite salle attitrée située au fond d’un laboratoire de chimie. 5 minutes avant nos pauses on sortait démarrer la cafetière sagement disposée sur une des paillasses de chimie ! C’est là que nous échangions avec « Riton », notre cher technicien qui nous a quitté récemment. C’était une franche camaraderie, et chacun d’entre nous avait une personnalité bien différente ; cela créait un groupe très intéressant et je pense que les professeurs ont gardé une bonne image de notre promotion. La plupart de ces professeurs étaient à l’origine de la création de cette formation ; ils en avaient créé les cours et en avaient négocié le contenu avec la Commission des Titres. Ils étaient passionnés et pleinement à leur place. En cela, nous avons eu de la chance …
 
En tant qu’élève, quelle matière vous a le plus intéressé ? Y-a-t-il un professeur qui vous a marqué ?
Tous ont eu leur « moment fort » : la timidité de Mme Bourrelle, la coiffure de Mme Hénin, la présence imposante de M. Applincourt, la verve de Mme Choisy. Ayant eux-mêmes été des étudiants, ils savaient « tolérer » certaines de nos absences pour peu que la franchise et les résultats scolaire soient de la partie ! Ainsi, on s’était tout de même fait pardonner l’absence à un cours au profit d’un détour vers la Féria de Nîmes (Samir et David sauront de quoi je parle) !!!
 
Quel a été votre meilleur souvenir au sein de l’école ?
Les évènements en dehors des cours ! Les 24h de natation de Reims avec la soirée spaghetti qui a précédée, ou la célébration de notre diplôme chez Nono et son voisin œnologue, un lit n’ayant pas supporté une « envolée de pigeon » (saut de l’ange au-dessus du matelas qui a cassé les 4 pieds du lit), et la nécessité de refreiner l’enthousiasme de Riton dans les rues de Reims à 4h du matin !!!
 
Une fois diplômé, vous choisissez le domaine de la santé et de la beauté, qu’est-ce qui vous a attiré dans ce milieu ?
J’ai commencé dans la parfumerie, dans le secteur d’activité où l’esthétisme du packaging est au centre de la démarche de conception. Travailler avec les meilleurs fournisseurs pour aboutir au meilleur résultat et rester le plus fidèle à la maquette, cela me semblait rassembler tout ce pourquoi je m’étais lancé dans cette voie de l’emballage et du conditionnement. J’ai aussi trouvé en production des gens ouverts à la nouveauté et suffisamment souples pour accepter des « moutons à 5 pattes »,  et trouver des solutions astucieuses de conditionnement en acceptant de remettre en cause l’existant. Par la suite, j’ai vu que cette flexibilité et cette ouverture d’esprit n’étaient pas des évidences dans tous les autres secteurs industriels !
 
Vous fêtez cette année vos 25 ans de carrière, quel a été votre parcours professionnel ?
En fait, c’est plutôt 24 ans de carrière, car j’ai eu 10 mois de service militaire en sortant de l’ESIEC … Je n’ai commencé à travailler comme Ingénieur packaging (développements et achats) qu’à partir de septembre 1992, chez Sanofi Beauté Recherche & Industrie, à Bernay, dans l’Eure. J’ai très vite développé de nouveaux articles sur des lignes pour Roger & Gallet, Van Cleef & Arpels, Oscar de la Renta et Geoffrey Beene. Deux ans plus tard, je suis allé travailler chez Yves Saint-Laurent Parfums pour assurer le lancement d’Opium Pour Homme, puis assurer les développements sur leurs lignes masculines. Encore deux ans plus tard, toujours chez YSL, je me suis formé 6 mois à l’analyse-programmation chez Unilog Paris. Après cette parenthèse où j’ai notamment travaillé sur plateforme IBM AS-400, j’ai démissionné et je suis revenu au développement emballage en 2010 en décrochant un poste de Responsable Packaging & Innovation dans le Centre de Développement International des Laboratoires Roche Nicholas. Ce site et cette unité de développement sont ensuite devenus la propriété de Bayer Consumer Health. J’y ai travaillé dans les domaines des comprimés multivitaminés, de la dermatologie et de la cosmétique. En 2010, après ces 18 années d’expériences métropolitaines, j’ai toutefois décidé de démissionner au profit d’un poste chez Galderma, à Montréal. Depuis cette date, toute ma famille profite de cette expérience internationale !
 
Pourriez-vous nous décrire quelles sont les missions concrètes que vous effectuez en tant que spécialiste en développement packaging au sein de GALDERMA ?
Mon rôle est de faire le lien entre les besoins du marketing et ceux de la production ; je suis une sorte de modérateur ! Je commence par comprendre quels sont les besoins principaux ainsi que ceux qui sont secondaires et accessoires. Je recherche ensuite des solutions en prenant en compte la faisabilité potentielle sur nos lignes de conditionnement. Puis je propose ces solutions à l’industriel afin d’obtenir son accord de principe. Le marketing peut alors faire son choix parmi les solutions restantes. On met ensuite en route tous le processus pour donner vie au produit, en s’assurant que les spécifications soient en places, les qualifications faites et que tous les acteurs impliqués aient en temps et en heure les livrables dont j’ai la charge. J’assure aussi un rôle d’expertise technique pour des problèmes ponctuels. Depuis peu, je suis plus spécifiquement alloué aux projets impliquant des conditionneurs ainsi qu’aux développements des produits pharmaceutiques, que ce soit sur nos sites ou chez des contractants.
 
Quel bilan pouvez-vous faire après 25 ans ?
Tout va de plus en plus vite, du moins depuis que je suis en Amérique du Nord ! On développe, on lance vite, et on réfléchit plus tard ! C’est une toute autre culture que les mentalités française, suisse ou allemande. Il faut donc s’adapter et ajuster ses modes de travail. Impossible de faire « comme d’habitude ». Il faut constamment se réinventer, trouver des façons de faire, car « ne pas savoir ou ne pas pouvoir faire » est inconcevable ! Les marchés et les distributeurs dictent très souvent leurs lois. Heureusement (ou malheureusement pour le marketing), les lois de la physique font que certaines choses et délais sont incompressibles.
 
On peut vous appeler pour quel sujet / expertise / connaissance du territoire ?
Je suis très ouverts et ma porte est d’autant plus ouverte que je travaille maintenant en open space sur le mode américain ! À ce titre, n’hésitez-pas à me poser les questions qui vous tracassent …
 
Avez-vous un conseil à délivrer aux actuels étudiants de l’ESIReims et aux anciens ?
Dès que vous mettez les pieds dans le monde professionnel, constituez-vous très vite une base de connaissances : des référentiels, des « bibles » de données ainsi que des réseaux d’experts qui pourront vous dépanner. On n’a pas toujours la réponse à tout et il faut avoir l’humilité de le reconnaître ! Tout ce savoir vous pourrez l’emporter d’un poste à l’autre, d’une entreprise à une autre, accélérant ainsi votre intégration et votre efficacité.
Restez humble et soyez certains qu’on en apprend tous les jours, on n’a jamais fini d’apprendre !
Méfiez-vous de vos fournisseurs car tous ne sont pas toujours aussi experts qu’ils le devraient.
Faites ce que vous avez envie mais surtout ce dont vous êtes capables ! Ne vous brulez pas les ailes à vouloir voler trop près du soleil ! Identifier vos réelles compétences et points faibles. Fixer vous des objectifs, pas seulement professionnels, mais aussi des objectifs de vie. Et si vous n’êtes pas Président de la République dans 5 ans, ce n’est pas très grave …
 
Un dernier mot ? Pour vos anciens camarades peut-être.
Travaillez avec les professeurs pour que les diplômes de l’ESIEC/ESIReims soient reconnus le plus possible à l’International, sinon vous risquez d’avoir des difficultés à faire reconnaitre votre titre d’ingénieur dans certains pays. Stabilisez le nom de l’école et ne changez plus son nom : ce n’est pas quand on commence à se faire un nom qu’il faut en changer !
Quant à mes anciens camarades, de ma promotion ou des promotions adjacentes que j’ai pu côtoyer, je les salue vraiment bien amicalement. Nous nous étions réunis sur Paris 10 ans après notre sortie et cela avait été sympa de voir les conjoints et enfants de chacun. Malheureusement nous n’avons pas pu le faire pour nos 20 ans. On réessaiera pour les 30 !!!
 

685 vues Visites

Commentaires2

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

ESIRESEAU du mois

Mois partenaire Beiersdorf - ESIRéseau du mois - Jérôme Lerouge

User profile picture

Noélie LATASTE

12 mai

1

ESIRESEAU du mois

ESIRéseau du Mois AUTAJON - Patrice Guillaume

User profile picture

Didier RODENAS

17 octobre

ESIRESEAU du mois

ESIRéseau du Mois SAICA - Laetitia WEKSTEEN

User profile picture

Etienne LE MAROIS

14 novembre

1