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Marc Monteil - ESIRéseau de Février

ESIRESEAU du mois

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04/02/2016

Interview de Marc Monteil (promo 1992) réalisé par Elise Gicquel (promo 2016)

Bonjour et merci à toute l’équipe de l’Ampac pour le travail que vous faites et l’opportunité que vous me donnez de partager mon expérience.  
 
Pourquoi avoir choisi la filière packaging ?
Depuis l’âge d’onze ans je souhaitais être un ingénieur car cela représentait pour moi la possibilité de créer et de construire. Je ne savais cependant pas encore dans quel secteur je voulais m’orienter. Lorsque j’ai pris connaissance de la filière emballage (ISIP-Institut Supérieur d’Ingénieurs en Packaging avant de devenir l’ESIEC), je fus séduit par cette niche qui, tout en étant une niche, se retrouvait partout. Tout est emballé d’une façon ou d’une autre avec la diversité des matériaux, l’importance pour l’environnement et la variété des processus que cela implique. Travailler dans le domaine du packaging englobe de vastes domaines tant horizontaux que verticaux  en passant de la matière première par la conception, la fabrication, l’utilisation, le merchandising, le marketing, le supply-chain, le recyclage etc…Ce qui était vrai en 1992, l’est toujours aujourd’hui avec des opportunités toujours extraordinaires dans cette filière.
 
L’ESIEC devait être différente à l’époque, quels souvenirs gardez-vous de vos années ESIEC ? 
D’après les retours que j’ai des élèves ou des récents alumni, je ne suis pas sûr que cela ait tant changé. C’est dommage car nous, les promotions de mon époque, et surement les suivantes espérions une place plus dominante parmi les écoles d’ingénieurs françaises et internationales. Nous souhaitions notamment davantage de partenariats internationaux, de présence marketing et de développement business mais, sauf erreur, le fait d’être une école d’ingénieur sous la tutelle d’une université est toujours un frein à une expansion que l’ESIEC-ESIREIMS mériterait pourtant. Bien sûr cela n’enlève rien à la qualité de l’enseignement, des cours et du niveau des étudiants mais forcément, de par ma « déformation professionnelle », je ne peux que voir les opportunités internationales dont l’école et les étudiants pourraient bénéficier avec une marge de manœuvre plus grande et une indépendance au système.
Je garde d’excellents souvenirs avec des promos de petites tailles et une bonne ambiance tant avec les professeurs qu’entre tous les étudiants. Notre promotion fut à l’origine de nombreuses créations d’association et clubs loi 1901comme le BDE, le Club Gala, le Ciné club « le Paradiso », la participation au RAGE, le Raid Aéronautique des Grandes Ecoles en Montgolfières et de nombreuses autres.
 
Etiez-vous investit dans un club ? Si oui, lequel ?
Oui, dans la création entre autres du BDE pour lequel nous avons organisé des élections, crée et enregistré les statuts. En tant que trésorier, j’ai eu à gérer les finances et notamment trouver des fonds mais aussi à coordonner les activités avec les membres du bureau. Nous avons, avec Amauri Le Breton, lancé le ciné-club le Paradiso car cela n’existait pas à l’époque sur Reims. Nous projetions des films en 35mm et 16mm avec comme objectifs, outre le partage culturel, l’opportunité de réunir autour d’un film des étudiants des autres universités et écoles de la ville afin de ne pas nous enfermer sur nous-mêmes.
Une anecdote à raconter ? 
Le jour de la première projection, après avoir trouvé la salle et le financement, crée et distribué des affiches et tracts, nous mettions la bobine de 35mm dans le projecteur. Il y a cette lumière et ce bruit de la bobine si particulier qui passe devant une petite audience et puis…la bande casse. Nous bafouillions quelques mots pour nous excuser le temps de réparer la bande avec du scotch. C’est arrivé 3 fois de suite…Patience et indulgence du public, le Ciné-club était né pour quelques années ! 
 
Pourquoi avoir fait une formation supplémentaire à l’école de commerce de Reims ? et à l’INSEAD ? Que vous ont-elles apportées ?
Je souhaitais avoir une formation avec une double compétence pour, à terme, évoluer vers des fonctions de management plutôt que de devenir un spécialiste de l’emballage. J’ai toujours aimé avoir une approche holistique et j’ai donc compléter ma formation d’ingénieur par un MBA de NEOMA (ESC Reims) qui m’a permis d’intégrer les autres composantes du fonctionnement d’une entreprise et qui m’a facilité les échanges avec les personnes étant « formatées » différemment que les ingénieurs que ce soit des médecins, des gens de la finance, du marketing, des ressources humaines et même des sportifs…
Le monde de l’entreprise et le monde en général sont composés de cette diversité et je trouvais que cela était une façon de comprendre un peu plus les autres et l’écosystème que je pouvais avoir à gérer plus tard.
L’INSEAD, et d’autres formations que j’ai pu faire au cours de ma carrière (corporate governance, lean management, auditeur, textile etc.), permettent de se mettre à la page, de se remettre en question, sans compter que chaque jour apporte quelque chose de nouveau à apprendre et à partager.
 
Quel a été votre parcours professionnel ?
Le plus simple serait de consulter mon profil sur Linkedin !
En résumé, j’ai eu la chance de travailler et vivre essentiellement dans les pays du continent Africain et au Moyen-Orient. Je suis allé dans plus d’une cinquantaine de pays sur les 5 continents avec des rôles variés de management opérationnel et fonctionnel pour des multinationales, des entreprises familiales et des investisseurs privés.
J’ai toujours voulu travailler à l’international pour découvrir par moi-même le monde dans lequel nous vivons et pas seulement en tant que touriste.
Le premier stage fut en Ecosse dans une cartonnerie de Sonoco proche de Lockerbie, puis le PFE au Pays-Pas à côté d’Amsterdam dans un centre de Recherche et Développement pour des fûts métalliques et emballages plastiques pour le marché européen des phytosanitaires. Je suis ensuite parti travailler en Côte d’Ivoire pour Crown Cork en tant que VSNE-VIE. De là, je suis allé au Zimbabwe et en Afrique du Sud où j’étais également responsable de la Tanzanie, du Nigéria, de la Zambie, du Zimbabwe et du Kenya. J’ai alors eu mon premier poste en France à Nancy (54) et Saint Georges de Reineins (69). Durant toute cette période j’étais chez Crown Cork avec des postes de management et opérationnels variés.
Puis j’ai quitté le secteur de l’emballage pour rejoindre  pendant 6 ans le secteur du textile pour Gamma Holdings (après avoir eu une formation au Pays-bas et en Belgique). D’abord au Ghana en tant que DGA/Directeur Industriel avec la gestion de 2 sites comprenant 1200 personnes pour être ensuite Directeur de projet et Directeur Général en Turquie pour la création de A à Z d’une entreprise. Après ce projet et un bref passage en France avec Crown Cork, je suis reparti en Côte d’Ivoire en tant que Directeur Industriel de 4 sites d’emballage qui combinaient textile (filature et tissage PE/PP/Jute) et emballage PET/PP/PE. J’ai ensuite eu un poste en Arabie Saoudite à Jeddah en tant que Directeur Général d’une usine de canettes puis un poste de trois ans comme Directeur Général au Kurdistan/Irak jusqu’à fin 2014.  Depuis 2015 je suis entre l’Algérie et le Liban..
 
Pourquoi avoir choisis des pays souvent considérés comme dangereux ? Observez-vous des manières différentes de travailler ? Si oui, lesquelles ?
Au vu des derniers attentats sur la scène mondiale, il me serait difficile de dire quel pays n’est pas à risque ou dangereux. Dans tous les cas les médias ne représentent pas la réalité du terrain. En soit je ne cherche pas à travailler dans des zones à risque et je ne suis ni un kamikaze ni un mercenaire, mais la région Moyen-Orient et Afrique sont des régions très propices aux affaires et avec de forts potentiels de développements, de nombreuses opportunités et une dynamique très enrichissante tant sur le plan humain que géopolitique sur la scène mondiale.
Des manières différentes de travailler ? Oui, bien sûr, et je serais incapable de vous les résumer en quelques lignes. Par exemple, en Irak ou en Arabie Saoudite, mes équipes étaient constituées de plus de 14 nationalités différentes donc d’une multitude de cultures, de religions, de traditions et de langues... C’est un ensemble très riche. Profiter de ces différences pour en faire un avantage et fédérer les équipes sur une vision commune et des objectifs communs fait partie du challenge quotidien. Je pense que l’élément fondamental est de rester humble, de savoir écouter et de considérer chaque personne en tant qu’être humain avec respect. Il faut ensuite apporter son savoir-faire et sa ligne de conduite sur des valeurs comme l’honnêteté, l’intégrité et la transparence avec cohérence et persévérance.
 
Pouvez-vous nous décrire en quoi consiste aujourd’hui votre travail chez Olbapack en Algérie ? Quelles sont vos activités et responsabilités ? Qu’est-ce qui vous plaît ?
Je suis actuellement Directeur Exécutif et membre du Conseil d’Administration d’Olbapack qui sera la première usine de canettes en aluminium en Algérie. La société est constituée de 51% d’investisseurs algérien et 49% libanais de droit emirati.
Mon rôle est de représenter les investisseurs et de piloter avec notre Directeur Général, qui est suédois, la mise en place de cette entreprise avec des missions telles que la création de l’entité, la recherche du terrain, des financements, des architectes, des sociétés de construction et des équipements mais également le recrutement et la construction du site. Il faut aussi mettre en place une stratégie commerciale et de croissance afin de délivrer une entreprise rentable clé en main.
Ce qui me plait, c’est que tout est à faire ! Le fait d’être les pionniers dans ce secteur et d’avoir une organisation très lean impliquent de tout avoir à créer et à gérer à partir d’une feuille blanche et nécessitent des interactions à tous les niveaux nationaux et internationaux et ce avec un budget et des échéances très strictes.
 
Vous vous êtes énormément déplacé dans votre travail. Pourquoi ? Quelles sont vos motivations ?
Je dirais que ce fut un ensemble de concours de circonstance. Il y a certains pays comme la Turquie, le Kurdistan ou la Côte d’Ivoire dans lesquels je serais bien resté plus longtemps mais pour des raisons soit de politique d’entreprise, ou de guerre civile cela n’a pas été possible. Ensuite, ayant développé une certaine expertise de gestion et de création d’entreprises et avec la constitution d’un bon réseau dans la région MENA et Afrique, j’ai eu la chance d’être directement contacté par différents cabinets.
J’aime les chalenges, la diversité, avoir la chance de pouvoir interagir dans un environnement international et partager mon expérience tout en continuant à apprendre.
 
Vous êtes plutôt dans la partie business maintenant. Que vous a apporté votre formation d’ingénieur ?
Un pragmatisme et une méthodologie de travail rigoureuse et exigeante mettant en avant des faits plutôt que des suppositions. (facts and not assumptions)
 
Une réalisation dont vous êtes fier ?
D’un point de vue personnel, je dirais d’abord nos 4 enfants (2 garçons, 2 filles) qui, avec mon épouse, ont accepté de me suivre depuis maintenant pratiquement 20 ans autour du monde bien que cela n’ait pas toujours été simple et sans qui je n’aurai jamais pu évoluer ainsi.
D’un point de vu professionnel, 2 réalisations me viennent à l’esprit. L’une au Zimbabwe avec des résultats excellents lors de la mise en place d’équipes autonomes (autonomous teams) sur les concepts du lean manufacturing et learning organisation. La deuxième est en Turquie avec la mise à disposition d’une usine textile clé en main en 9 mois avec la première pierre déposée en mars et une usine opérationnelle en novembre.
 
 
Un petit mot sur l’ESIEC ou l’Ampac?
Je regrette de ne pas être plus disponible pour pouvoir contribuer davantage à l’essor de l’ESIEC-ESIREIMS et aux actions de l’Ampac. Des actions sont en cours bien sûr mais le potentiel de croissance de l’école avec une stratégie plus ouverte sur l’international, plus agressive et dynamique en terme de communication, de partenariats (recherche/développement/autres écoles/antennes dans d’autres pays..) et surement une gestion moins emprisonnée par le système français de l’éducation nationale de l’université pourrait non seulement garantir un avenir mais aussi une place de premier choix avec un excellent retour sur investissement.
Quoiqu’il en soit, bravo à toutes et à tous pour vos contributions. La force d’une école et de ces alumni passe par la force de son réseau.
Seul vous allez peut-être vite mais vous n’allez pas loin. Je ne peux qu’encourager chacune et chacun à s’inscrire à l’Ampac, au groupe sur LinkedIn, à inciter son entreprise à verser la taxe d’apprentissage, à prendre des stagiaires, à partager vos connaissances…et bien sûr à se retrouver chaque année au Gala et l’Assemblée Générale !
 
Une question que vous auriez aimé que l’on vous pose ?
Et après l’Algérie ?
Plusieurs options sont en cours. Dupliquer le même projet pour les investisseurs dans d’autres pays d’Afrique par exemple (donc la base de vie reste le Liban).
Projet de création d’entreprises et de start-up afin de mettre à profit l’expérience internationale et le réseau dont je dispose.
 
Bonne année 2016 et meilleurs vœux à toutes et à tous.
MM
 
 

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