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François Bertrand - ESIRéseau d'Août

ESIRESEAU du mois

-

04/08/2016

Interview de François Bertrand réalisé par Elise Gicquel (promo 2016).
 
Quel a été votre parcours en tant qu’étudiant ?
 
J’ai toujours aimé dessiner et je voulais allier cette passion à mon travail. J'ai d'abord pensé à devenir architecte mais je connaissais plusieurs architectes qui m’ont déconseillé cette voie du fait du peu de débouchés. Je me suis donc orienté vers une école d'arts appliqués, l'école Olivier-de-Serres, où j'étais particulièrement intéressé par le design industriel.
 
 
Quel a été votre parcours professionnel ?
 
J'ai travaillé dans différentes agences de design volume. J'ai également travaillé en free-lance. Je travaillais pour des agences différentes qui étaient à la fois des agences de graphisme, de packaging et des agences de design produits.
J'ai ensuite été salarié pendant une dizaine d'année dans une entreprise qui dessinait beaucoup de produits électroménagers et des produits de grande consommation et mon travail était essentiellement orienté vers le design d’objets mais encore très peu d'emballages.
En 1996, je me suis mis à mon compte. Puis, associé à 2 autres designers, nous avons créé l’agence "Forme Produit". L’un s'occupait des produits de grande consommation, l’autre faisait un peu de tout quant à moi je dessinais des jouets, des produits électroménagers ainsi que les études d’emballages quand il y en avait. Et je dois admettre que j'y ai pris goût.
Par la suite nous avons recruté une commerciale. Au départ nous ne savions pas dans quel domaine la faire prospecter et nous avons finalement décidé de la faire chercher uniquement des clients qui avaient besoin d'emballages. Des agences qui font spécifiquement du design d'emballages, il n'y en a pas beaucoup. Beaucoup d'entreprises disent faire du design d'emballages mais font, en réalité, principalement du graphisme.
 
Qu’est-ce qui vous a motivé à faire du design packaging ?
 
La création d'emballages est généralement le parent pauvre du design. Lorsque l'on dessine par exemple un fer à repasser, un aspirateur ou bien une voiture, on prend vraiment du plaisir à dessiner un bel objet. A l'inverse, lorsque l'on dessine une barquette de margarine, le côté technique prend le dessus et démotive les designers. Je ne voulais d’ailleurs pas non plus faire ça au début. Cependant, le côté technique/astucieux m'a particulièrement intéressé : trouver des fonctionnalités, simplifier au maximum, utiliser très peu de matière, limiter les coûts, etc.
 
 
Comment avez-vous découvert l’ESIReims ?
 
Je connais l'ESIReims, enfin l'ESIEC, depuis longtemps car si mes interlocuteurs dans les entreprises sont en premier lieu les gens du service marketing , pour ce qui est des questions techniques je m'adresse principalement aux ingénieurs et notamment de l'ESIEC. L'image que j'avais de cette école était très positive. C'était une école géniale : des ingénieurs qui connaissaient tout, qui résolvaient toutes les problématiques.
Fin 2008, j'ai été contacté par Serge Odof qui cherchait quelqu'un pour donner des cours de conception d'emballages à l'école. Il s'est rapproché de moi en demandant à d’anciens élèves s'ils connaissaient un designer qui était intéressé. A l'époque, je cherchais à donner des cours de conception d'emballages mais plutôt dans une école de design. Je n'avais pas encore commencé à démarcher les écoles et cette demande est arrivée au bon moment. J'ai commencé en janvier 2009, par une conférence, en présentant ma vision du design d'emballages.
 
Avez-vous déjà donné des cours dans une école de design?
 
Non, mais j'avais donné une ou deux conférences pour des clients sur la conception d'emballages. J'ai ainsi donné mes premiers cours à des futurs ingénieurs. Ils ont une perception très différente de celle des étudiants designers. Dans une école de design, l'ambiance y est détendue, il y a moins de cours et ce n'est pas la même charge de travail, ni la même concentration. Les étudiants y sont très libres pour réaliser un travail. A l’ESIReims, un projet est réalisé en une trentaine d'heures réparties sur une période de 3 mois en même temps qu’ils suivent d’autres cours et réalisent d’autres projets. Les étudiants designers quant à eux vont travailler uniquement sur un seul projet pendant 2 semaines mais avec pleins de moyens pour réaliser des maquettes très finalisées.
 
 
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail au sein de l'ESIReims?
 
J'apprécie le contact avec les étudiants, le fait de leur transmettre quelque chose et de les orienter. En tout cas j'espère y parvenir !
Ce n'est pas toujours évident car il n'y a pas de beaucoup d’heures de cours alors qu'il y a beaucoup d'étudiants. Nous nous voyons donc que très rapidement. Généralement, il y a de bons échanges. Il n'y a pas d'absentéisme à mes cours, ce qui est plutôt bon signe ! Les sujets de design plaisent généralement aux étudiants. C'est récréatif.
De plus, me concernant, l'ambiance de travail est radicalement différente. Habituellement je suis dans un bureau, je dois continuellement échanger avec les clients par téléphone ou par mail et répondre tout de suite à leurs demandes. Avec les cours à l'ESIReims, je suis un peu coupé de tout ça.
 
 
Y a-t-il une anecdote de professeur que vous aimeriez partager avec nous ?
 
Il y en aurait une qui m'a amusée. Un élève chinois qui est seulement resté la première année. Il avait toujours mal au ventre, c'était son excuse pour ne pas venir. Parfois, il arrivait en début du cours puis repartait. Et, lorsqu'il venait, il se couchait sur la table et s'endormait. Evidement il faisait partie d’une équipe et, lors de la soutenance de leur projet, je ne les ai pas très bien notés. Pas à cause de lui, mais parce que leur travail n’était pas très abouti. Cet étudiant est ensuite venu pleurer pour que je lui attribue une note suffisante afin de passer en année supérieure. J'ai été voir les autres membres de l'équipe, qui ont tous admis qu'ils méritaient leur note.
Il y a surtout des étudiants qui marquent parce qu’ils sont particuliers, talentueux ou sérieux mais je ne vais pas les citer car sinon je ferai des jaloux !
 
Est-ce que vous connaissez des étudiants qui sont devenus designer ?
 
Non, mais il y a des élèves qui sont vraiment très intéressés, et qui font dans leurs projets un vrai travail de création. En première année, je remarque ceux qui dessinent ou qui ont une très bonne maîtrise des outils informatiques.
 
 
Pensez-vous que les élèves ont des inspirations différentes maintenant que lorsque vous avez commencé ?
 
Il y a des différences chaque année. Je trouve que les travaux sont de bonne qualité en général. Il y a cependant eu des promos meilleures que d'autres mais la raison vient sans doute des sujets ou bien de l'émulation générale de la promo mais globalement c'est assez constant. Il y a des étudiants qui sont plus ou moins à l'aise et intéressés avec le cours de design, ça se sent, je le vois tout de suite.
 
Une réalisation dont vous êtes fier ?
 
La Cave-Saveur de Roquefort Société avec le tiroir. C'est un emballage qui a été créé il y a 16 ans maintenant et qui est toujours sur le marché ! L'idée, je l'ai eue pendant mes vacances d'hiver. J’étais en train de skier. Ça m’a parut évident que le fromage avec cette forme en coin, devait rentrer dans un emballage-tiroir. Evidement il y avait ensuite tout le travail nécessaire afin de rendre cet emballage réalisable.
 
 
Un petit mot sur l'AMPAC ou sur le réseau des anciens ?
 
Je trouve que le réseau est actif et qu’il y a un vrai lien qui se maintient entre les étudiants. Il faut cependant s'en occuper ! Le réseau fonctionne bien pour ceux qui sont à l'école et les jeunes diplômés. Néanmoins, pour beaucoup d’anciens, une fois qu'ils sont bien installés dans leurs entreprises, c'est fini et c'est dommage. Certains sont très réactifs pour critiquer le déficit de communication et de visibilité de l’école mais ils ne font rien pour l’améliorer. Ils sont dans leur cocon et ne s'occupent pas de l'AMPAC alors que c'est eux qui devraient le faire. Bien sûr, il y en a quelques-uns qui sont des piliers !
        
Une question que vous auriez aimé que l’on vous pose ?
 
Sur le devenir de la formation, par rapport à mon cours de conception d'emballage. Finalement, assez peu d'ingénieurs continuent dans la création d’emballages. Même lorsqu'ils participent à la conception, ils sont du côté technique. Il y a peut-être quelque chose qui manque dans la formation d'un peu plus spécifique là-dessus. Je n'ai pas encore eu d'étudiant qui m'ait dit qu'il aimerait faire de la création d'emballage, du design. Je pense que l'emballage, c'est quelque chose qui va encore plus se développer malgré tout ce qu'on peut dire sur l’abondance des déchets, l'écologie passera par la conception des emballages. Ce seront des emballages écologiques et il y en aura de plus en plus. Il y a un énorme travail à faire là-dessus. Lorsque je vois qu'il y a une vingtaine de personnes au service marketing dans une entreprise et un seul ingénieur packaging, je me dis qu’il y a un déséquilibre et qu’il y a de l'avenir pour les métiers de l’emballage.
 
 
 
 

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