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ESIRéseau du mois de Janvier - Anne De Buyer

ESIRESEAU du mois première page

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05/01/2017

Lorsque vous avez obtenu votre diplôme en 1986, l’ESIEC n’existait pas encore. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la formation que vous avez suivie ?
Effectivement, la formation portait le joli acronyme de M.S.T ( !) ce qui signifiait Maîtrise Sciences et Techniques en Emballage et Conditionnement. Il faisait suite à un bac+2 et se déroulait sur 2 ans. Ma promo comptait 16 élèves. Nous avions principalement de la théorie mais également des interventions externes de personnes issues de l’industrie de l’emballage.
 
On peut penser qu’à cette époque-là, l’emballage n’était pas plus connu qu’aujourd’hui, qu’est-ce qui vous a attirée dans cette voie ?
Ce n’était clairement pas une vocation ! Je m’orientais plutôt vers la Recherche en Biochimie mais au terme de mon DEUG Sciences de la Nature et de la Vie, j’ai réalisé que les étudiants qui arrivaient sur le marché avec des Maîtrises, voire plus, se retrouvaient sans emploi ou à faire « de la paillasse » toute la journée. En revanche, la MST récemment créée sur le campus voyait proposés à ses étudiants 4 à 5 postes à sa sortie ! J’ai donc postulé et ai été retenue sur dossier puis entretien.
 
Quels sont les souvenirs que vous gardez de cette période ?
Ce fut très certainement l’une des périodes les plus heureuses de ma vie ! Après des amphis bondés et des professeurs un peu distants lors du DEUG, nous nous retrouvions en petite troupe à la MST avec des profs aux petits soins. Il y avait bien évidemment l’inoubliable Riton qui nous a quittés récemment et qui savait cimenter l’équipe, mettant une ambiance de folie dans les nombreuses soirées ! J’ai encore les photos de ces moments uniques… Mais on trouvait quand même le temps de travailler un peu !
 
Après l’obtention de votre diplôme, vous ne choisissez pas une voie très commune : le journalisme. Pourquoi avoir débuté par-là ? Qu’est-ce que cette expérience vous a apportée ?
J’ai toujours été une littéraire et je crois pouvoir dire que j’avais un petit talent d’écriture. C’est Olivier, un camarade de la promo, qui faisait son stage à PACK-INFO qui m’a appelée pour une pige. Il fallait aller à LUGANO pour un congrès Aérosols de 3 jours, nourrie, logée, blanchie… et payée en plus ! Ça ne se refuse pas ! J’ai adoré l’expérience et le rédacteur en chef, satisfait de ma prestation, m’a proposé un poste de journaliste en CDI. Ce fut un très bon tremplin car j’ai  énormément appris au contact des fournisseurs et durant les dizaines de visites d’usines. C’était très agréable, car les journalistes sont chouchoutés, invités dans les plus beaux hôtels, couverts d’échantillons… A tel point que j’étais déçue par les hôtels que je pouvais m’offrir à titre personnel pour les vacances ! Au bout de 3 ans, j’étais devenue la Rédactrice en Chef et il me fallait donc écrire un édito tous les 15 jours… Quel stress quand l’inspiration n’était pas au rendez-vous ! Aussi, comme ma photo apparaissait à chaque édito, les gens de la profession croyaient me connaître lorsqu’ils me croisaient... Alors que ça n’était pas toujours le cas ! Quelle star !
 
Vous vous orientez ensuite vers le domaine de la cosmétique en intégrant l’Oréal, où vous avez occupé de nombreux postes. Parlez-nous de votre évolution.
En 1989, le Directeur de la Recherche Packaging venait de prendre son poste et cherchait quelqu‘un pour rédiger des dossiers de fond sur les sujets touchant à l’emballage. Au bout de 4 ans, je travaillais sur les développements packaging « long terme », ce qui ne me convenait pas trop : des années de travail pour un taux de réussite très faible… J’ai donc pris un poste qui se rapproche du Chef de Projet, poste beaucoup plus speed ! Sous la Responsabilité du Directeur Marketing, je bâtissais les rétro-plannings de développement puis en assurais le respect par la relance régulière des différents intervenants. J’avais également en charge la gestion directe des documents de décors et des mises au point de teintes. J’ai travaillé sur des marques comme Ultra-Doux, Ambre Solaire, Movida, Belle Color et nous avons lancé la Gamme Fructis avec son vert fluo décoiffant à l’époque ! Ce fut vraiment la fonction que j’ai préférée de tout mon parcours, même si ce fut aussi la plus stressante. Quel plaisir et quelle fierté de voir ses « bébés » dans les rayons et les pubs à la télé ! Seulement voilà, au rythme L’Oréal, vous reliftez les gammes a minima tous les 3 ans… Pour la petite histoire, j’ai compté avoir travaillé avec pas moins de 47 chefs de produits/chefs de groupe qui se sont succédé durant ces 5 années ! Voilà pourquoi j’ai bifurqué ensuite vers le métier des Achats, d’abord sur les achats composants puis les frais généraux Industrie. J’ai fini avec la direction achats de la Division des Produits de Luxe avec les marques telles que Lancôme, Armani, Biotherm ou Helena Rubinstein.
 
Après presque 20 ans de carrière au sein du groupe, vous décidez de vous réorienter en choisissant la pharmacie et le soin chez Pierre Fabre. Pourquoi avoir pris ce virage dans votre parcours ?
C’était le moment ou jamais : ou je continuais jusqu’au bout chez L’Oréal ou je voyais un autre modèle. Contactée par un chasseur de tête pour rejoindre le groupe Pierre Fabre, j’ai été séduite par le poste qui conjuguait le métier achats et celui du développement packaging pour la Branche pharmaceutique. Enfin, la perspective d’habiter sous le soleil du Sud -Ouest a compté pour beaucoup dans ce changement de cap !
 
Si vous deviez comparer les mondes de la cosmétique et de la pharmacie, quels seraient les points forts et les points faibles de chacun ?
Généralement, on pense que la cosmétique est beaucoup plus « fun » que la pharmacie. En effet, les projets sont plus nombreux, plus variés, moins contraints par la législation. Cependant, les délais de développement sont courts (quelques mois) ce qui induit parfois que la conception ne soit pas complètement optimisée. En pharmacie, on est certes très limité par la réglementation mais les projets sont d’envergures et ce qui peut être perçu comme une contrainte permet souvent d’aller au fond des choses.
 
Cela fait maintenant 30 ans que vous exercez dans ce métier, quelle a été votre plus belle réussite ?
Ma plus grande fierté est d’avoir recruté, formé, vu s’épanouir un nombre significatif de petits jeunes, surtout chez L’Oréal. Tous n’y sont pas restés, mais où qu’ils aient bifurqué, ils font une jolie carrière !
 
Le but de l’ESIRéseau est de lier anciens et étudiants notamment en partageant vos compétences. Y a-t-il un domaine, professionnel ou autre, pour lequel on peut vous contacter afin de recevoir un peu d’aide ?
Dans la suite logique de la réponse précédente, je suis toujours ravie de pouvoir donner un petit ou grand coup de pouce à qui en a besoin.
 
Quelle est, selon vous, la qualité indispensable à avoir pour un ingénieur en emballage ?
Il faut avant tout une excellente capacité d’écoute pour bien comprendre les attentes du client interne, pour être certain d’avoir saisi tous les éléments du brief. Il ne faut pas hésiter à poser des questions « bêtes » et basiques, car ce qui nous semble évident ou implicite après des années d’expérience ne l’est pas forcément pour la personne d’en face. Vulgariser n’est pas galvauder !
 
Le mot de la fin… ?
Une citation de Nicolas CHAMBRIER :
 « La vie est comme un grand livre : si on oublie les pages qu'on tourne, on arrive à la fin sans rien avoir compris ! »
 
 
 

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