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Jean François Guillerez, ESIECien du mois de février
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En ce mois de février notre ESIECien du mois est Monsieur Jean Francois Guillerez. Diplômé en 1992 Jean François est actuellement en poste chez Maple Leaf Foods au Canada. Voici son parcours...Vous avez été diplômé en 1992. A l’époque avant d’être admis à l’ESIEC vous obtenez un Deug en Biologie. Pourquoi avoir choisi la voix du packaging après ces études en biologie ?
A l’époque je ne savais pas vraiment vers quelle filière me diriger. Ma stratégie était donc d’étudier dans les domaines que j’aimais (sciences naturelles) en fermant le moins possible de portes. Lors de mon DEUG, j’ai pris tous les crédits possibles en chimie parce que cela m’intéressait énormément. On avait des professeurs communs avec la filière emballage (en particulier Messieurs Applincourt et Prudhomme). Ils m’ont persuadé de m’inscrire. Ce qui m’attirait, c’était l’aspect appliqué, le côté ingénieur, mais aussi le « gros bon sens ». On peut parler d’emballage avec tout le monde car tout le monde en utilise chaque jour.
L’ESIEC devait être différente à l’époque, quels souvenirs gardez-vous de vos années ESIEC ?
Tout d’abord, mes collègues et moi nous sommes inscrits à l’ISIP. C’est important de le mentionner dans le contexte du changement de nom de l’École. Lorsque le nouveau nom a été dévoilé, les réactions ont été mitigées. Pour certains, ESIEC faisait trop penser à une école de commerce. Et les années précédentes avaient travaillé fort pour construire l’identité ISIP après la mutation depuis la Maitrise Sciences et Technique. Lorsque on est rentré, il n’y avait pas de locaux. On squattait un lab de chimie à la faculté de sciences. Il a fallu se battre pour obtenir des locaux dans les nouveaux bâtiments, pour monter le BDE, continuer avec l’AMPAC, organiser la cafèt. Tout était à faire. On travaillait fort mais on « s’éclatait » aussi : raids en montgolfière et classe de neige dans les Alpes. On avait vraiment l’impression de construire quelque chose d’unique pour les années futures.
Après l’ESIEC, vous faites une année en Master Européen à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne en Suisse. Pourquoi cette décision ?
J’avais envie à la fois de boucler la boucle et de m’ouvrir sur le monde. En 1992, on commençait tout juste à parler emballage et environnement. A l’ESIEC, le sujet était abordé très rapidement (quelques heures). On nous apprenait à fabriquer des emballages, mais pas à s’en défaire. Faire une année supplémentaire en Suisse m’a permis d’apporter des réponses mais aussi de mettre à l’épreuve l’enseignement reçu à l’ESIEC, en se frottant à d’autres étudiants venant de formations aussi diverses que la biologie, les mathématiques, l’architecture, et de pays différents : Espagne, Angleterre, Madagascar et Turquie, pour n’en citer que quelque uns. La bonne nouvelle, c’est que je n’ai jamais eu à rougir de mon niveau « ESIEC ». J’en remercie tous les enseignants de l’époque.
Juin 1995 marque le début d’une aventure de 10 ans chez Nestlé qui va vous faire « parcourir » l’Amérique. Le Canada, les USA et le Pérou avec un retour par la France, qu’elles ont été vos différentes missions ?
Nestlé m’a engagé à l’époque pour l’international. Les missions étaient aussi diverses que les pays. Les postes étaient basés au siège social, en usine ou en centre de recherche. Les produits variaient du lait en boîte au chocolat en passant par le café, la crème glacée et les plats surgelés. Les moyens variaient aussi suivant le type de poste : au Pérou, il fallait savoir se débrouiller tout seul - j’étais la seule personne « emballage » pour le pays – alors qu’en France, il fallait savoir naviguer dans une organisation complexe avec beaucoup de niveaux de décision.
Pourquoi ce choix de voyager ?
Ce n’était pas un choix délibéré au départ. Étudiant à l’ESIEC, je n’ai pas fait un seul stage à l’étranger. Lorsque j’ai envoyé mon CV à Nestlé en Suisse, en candidature spontanée, ce n’était pas dans l’idée de voyager. Mais la proposition était bonne. Je n’avais pas de contrainte particulière alors je me suis lancé. Il faut aussi dire que je n’ai pas choisi mes destinations : elles m’étaient imposées par mon employeur. Mais je n’ai aucun regret : chaque pays offre des avantages particuliers. C’est une expérience passionnante que de s’adapter aux cultures locales. Cela ouvre l’esprit à la tolérance et au respect. J’ai croisé des gens passionnants.
Après 2005 et une expérience aux USA vous revenez finalement au Canada chez Canada Bread Co où vous resterez jusqu’en septembre 2010. Pourquoi cette décision, est-ce une opportunité ou une réelle envie de revenir au Canada ?
A cette époque, Nestlé me proposait de retourner en Suisse avant de repartir probablement en Asie. Mais entre temps, ma situation personnelle et mes priorités avaient changées. Marié, père de famille, je voulais plus de stabilité. J’ai donc cherché du travail en France et au Canada (mon épouse est Canadienne). L’opportunité au Canada s’est présentée en premier et nous avons donc déménagé pour Toronto.
Qu’elles étaient vos responsabilités ?
Au sein du service achats, j’étais en charge de projets d’optimisation et de réduction de coûts, d’assistance technique et de développents de nouveaux emballages pour une vingtaine de sites de production au Canada et aux États-Unis.
Depuis septembre 2010 vous êtes en poste chez Maple Leaf Foods. Quel est votre job ?
Les Aliments Maple Leafs ont annoncé une restructuration massive de l’outil de production de charcuterie et de viande. Nous fermons trois usines, en agrandissons deux et en construisons une nouvelle. C’est un investissement de plus de $500 millions sur trois ans. Le projet inclus le transfert de centaines de produits, avec des machines parfois différentes, utilisant une meilleure technologie. Mon rôle est d’assurer la transition des emballages tout en apportant de l’innovation pour le consommateur.
En plus de votre travail, vous êtes membre d’associations liées au packaging, Packaging Association of Canada et Institute of Packaging Professionals. Pouvez-vous nous parler de ces associations, quels sont leurs rôles ?
La Packaging Association of Canada est une association qui regroupe des entreprises actives dans le domaine de l’emballage. J’y représente mon employeur. Cela me permet de me retrouver à la table de certains fournisseurs, concurrents et aussi clients tels que Wal-Mart ou Sobey’s. C’est aussi un lien avec les formations locales sur l’emballage. Même si le Canada n’a pas l’équivalent de l’ESIReims, il y a des formations plus ou moins poussées en emballage. L’IoPP regroupe des individus qui travaillent dans l’emballage. C’est une association essentiellement américaine, à l’exception de chapitre de l’Ontario. L’IoPP à un programme de certification que j’ai suivi et qui permet à ceux qui ne connaissent pas l’ESIEC de s’assurer de mon niveau en emballage. L’IoPP publie annuellement une étude des salaires dans l’emballage aux États-Unis, ainsi que des livres de références tel que le « Fundamentals of Packaging Technology ». Peut-être l’ESIReims devrait monter un groupe IoPP local comme l’ont fait des universités américaines?
Vous avez beaucoup voyagé, la France ne vous manque-t-elle pas trop ? Envisagez-vous un retour dans les années à venir ?
Pour le moment, je suis bien installé au Canada avec ma famille. Et puis la situation économique n’incite pas à retourner en Europe. Mais c’est une question d’opportunité.
En mars il y a le gala, votre promo a 20 ans avec la distance j’imagine que vous n’aurez sûrement pas l’occasion d’être là, un petit message pour vos anciens camarades qui liront peut être cette interview?
Malheureusement, entre mes obligations personnelles et professionnelles, il m’est difficile de me rendre à Reims pour le gala. C’est dommage. L’Ampac m’a parmi de rester en contact avec plusieurs camarades de promotion et je voudrais leur dire que malgré le temps et la distance, les souvenirs restent . Que ceux qui passent par Toronto n’hésitent pas à faire signe.
Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.
Tout le plaisir est pour moi. Merci à l’Ampac d’organiser ce partage d’expériences.
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